Interview

Financer un projet de recherche avec un mandat-pont

Céline Parotte



Photo by Fredography

Céline Parotte bénéficie du tout premier mandat-pont attribué par l’UR Cité. Ce financement lui permet de consacrer une année à mi-temps à faire mûrir son projet postdoctoral en vue d’obtenir un financement du FNRS.

Le mandat-pont est un financement qui vise l’excellence et permet de soutenir temporairement un chercheur de l’UR dont le projet a été très favorablement évalué par une instance de financement de la recherche, mais n’a pas été financé.
 
C’est le cas de Céline Parotte, dont le projet posdoctoral, intitulé ‘Between Repair and Ruination: the Decay of Nuclear Infrastructures and the Reshaping of National Energy Identities’ n’a pas été financé par le FNRS, malgré une évaluation très positive. L’UR Cité et la Commission Permanente à la Recherche ont considéré qu’il était stratégique de le soutenir.

Peux-tu nous en dire plus sur ton projet de recherche ?

Je m’intéresse au présent et au futur des infrastructures énergétiques, en particulier nucléaires. En cette période de transition énergétique, beaucoup de recherches portent sur l’innovation et les nouvelles technologies. J’ai eu envie de me pencher plutôt sur les infrastructures existantes : comment vont-elles vieillir ? Que va-t-on en faire ? Et en quelle mesure le choix d’assurer leur maintenance, ou au contraire de les démanteler, reflète-t-il des dimensions culturelles et politiques fortement ancrées ?

Ton projet a été soumis une première fois au FNRS mais a été refusé… Peut-on dire que le mandat-pont t’offre en quelque sorte une seconde chance ?

Tout à fait. Obtenir un financement pour une recherche sur un sujet aussi pointu n’est pas évident. En tant que chercheur, on est parfois obligé de laisser ce genre de sujet de côté pour se consacrer à des projets plus susceptibles d’assurer une sécurité d’emploi. Les projets plus ambitieux ou originaux prennent du temps à se développer, on avance dessus pendant les temps libres, après les heures. Ce n’était pas une option possible pour moi.
 
Grâce au mandat-pont, je peux consacrer un mi-temps à améliorer mon projet et mon profil scientifique : non seulement en ré-écrivant certains passages mais aussi en renforçant mes connaissances et mon dossier de publication.

As-tu déjà une idée précise de comment tu vas t’y prendre ?

Oui, je me suis constituée un plan d’action. Lorsque j’ai entendu parler de cette possibilité de mandat-pont, j’ai consacré deux jours à relire toutes les critiques qui avaient été formulées sur mon projet par les évaluateurs. Pour chaque critique, j’ai défini une stratégie à adopter.
 
Par exemple, on m’a reproché la faiblesse de mon approche ethnographique. Je vais donc suivre des cours d’ethnographie. Certains évaluateurs souhaitaient aussi que je fasse d’ores et déjà le choix de mes études de cas. Je vais m’y atteler au cours des prochains mois.

Des conseils pour les futur•e•s candidat•e•s au mandat-pont ?

Ne pas baisser les bras. Faire face à un refus n’est jamais facile et, au départ, j’étais plutôt découragée par les critiques. Mais en les analysant point par point, j’ai réalisé que je pouvais vraiment pousser mon projet plus loin et aboutir à quelque chose. Finalement, cela me motive beaucoup !

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