Ciné-débat

Dark Waters, réflexions autour d’un scandale sanitaire


Le nouveau film de Todd Haynes s’empare du combat mené par l’avocat américain Robert Bilott contre le groupe DuPont, responsable d’un scandale sanitaire en Virginie-Occidentale.

Inspiré par un article paru dans le New York Times Magazine, ce film met en lumière toute la complexité des relations qui lient citoyens, acteurs économiques, politiques et environnement dans un contexte industriel.   

En concevant le Téflon, ce revêtement polymère antiadhésif utilisé comme revêtement pour les poêles, l’entreprise DuPont constate rapidement les effets dévastateurs de l’un de ses composants chimiques, le PFOA, sur la santé humaine. Elle choisit cependant de taire ses découvertes et d’en poursuivre la commercialisation.

C’est un fermier de Parkersburg, Wilbur Tennant, qui sera le premier lanceur d’alerte. Voyant son troupeau de vaches mystérieusement décimé et soupçonnant un lien avec le site d’enfouissement voisin de son exploitation, il fait appel aux services de Robert Bilott pour entamer une procédure contre le groupe DuPont.

Lorsqu’il accepte de traiter cette affaire, pourtant à l’opposé de son travail au sein d’un cabinet spécialisé dans la défense des industries chimiques, Robert Bilott ne soupçonne pas qu’il s’engage dans le combat de toute une vie.

Débat public au Parc  

Dans le cadre du festival ImagéSanté, une projection de ce film, suivie d’un débat, était proposée au cinéma Le Parc. Kim Hendrickx, anthropologue à la KULeuven et chercheur associé au Spiral, faisait partie des intervenants.

« J’ai trouvé le film captivant ! Il faut cependant reconnaître qu’il n’illustre qu’un cas de figure bien précis de ce que peut signifier la vie dans un environnement industriel. Ce n’est pas un hasard si cette histoire a fait l’objet d’un article, puis d’un film. C’est ce qu’on appelle un ‘perfect storm’, tous les éléments sont réunis : il y a des victimes que l’on peut voir, une source de pollution clairement identifiée, les preuves s’accumulent… Ce n’est malheureusement pas toujours le cas, car on est souvent face à l’incertitude », a-t-il expliqué.

Par les questions qu’il suscite et qui touchent à la fois aux aspects juridiques, politiques et sociaux de notre économie de marché, ce film devrait en tout cas à coup sûr rencontrer l’intérêt des membres de Cité.

En savoir plus sur les recherches de Kim Hendrickx à la KULeuven

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