Archibald Gustin décroche une bourse SH pour ses recherches sur la politique communale des partis de droite radicale


À l’heure où la montée de l’extrême droite est un sujet récurrent du débat public, Archibald Gustin, titulaire d’un master en sciences politiques, s’intéresse à la politique communale des partis de droite radicale. Il vient de décrocher une bourse SH du Conseil sectoriel à la recherche en Sciences humaines de l'ULiège.

Peux-tu nous en dire plus sur ton projet de recherche ?

Depuis quelques décennies, les partis de droite radicale, souvent désignés par les termes « d’extrême droite », occupent une place de plus en plus importante dans le débat public. Ces partis voient leurs scores électoraux augmenter et leurs propositions sont de plus en plus souvent reprises par des partis dits traditionnels. On pense par exemple à la mise à l’agenda et au durcissement du discours politique relatif aux politiques migratoires européennes.

Mon projet de recherche consiste à examiner en quoi la politique communale de ces partis de droite radicale contribue à leur essor. Dans ce but, je réaliserai une étude comparée des discours construits par les partis de droite radicale au niveau local en Europe à travers l’analyse de trois de ces partis : La Lega (Italie), le Rassemblement National (France) et le Vlaams Belang (Belgique).

Comment en es-tu venu à t’intéresser à ce sujet ?

Jusqu'à présent, j'avais concentré mes recherches sur la question de la démocratie : comment la définir, et pourquoi est-elle considérée comme le meilleur régime politique ? Je travaillais notamment sur base de la théorie démocratique de Chantal Mouffe. Elle a conçu une théorie agonistique de la démocratie, mais aussi une théorie du populisme !

Les questions du populisme et de la démocratie sont en effet intimement liées, et parfois (voire souvent), le discrédit dont est victime la stratégie populiste tend à ostraciser le fait que les demandes populistes peuvent être des demandes de nature démocratique.

Que peuvent nous apprendre ces recherches sur la société d’aujourd’hui ?

En dehors des échéances électorales régulières, la politique locale est plutôt rarement mise en valeur dans la recherche en science politique. En ce qui concerne la droite radicale, peu d’études ont cherché à mettre en avant le rôle systémique de la politique communale de ces partis dans leurs ascensions politiques. Avec mon promoteur, le professeur Grandjean, nous faisons le pari de concentrer certaines de nos recherches sur cet échelon de pouvoir dont l'importance est souvent méconnue.

Au-delà de cet intérêt pour la chose locale, nous - que ce soit en tant que chercheurs, citoyens ou militants politiques - avons encore beaucoup de choses à apprendre sur la droite radicale. À l'heure où la forme d'organisation particratique est de plus en plus décriée (tout en conservant un rôle fondamental dans la vie démocratique), il est intéressant de constater que l'extrême droite dispose encore d'une force mobilisatrice impressionnante. En témoignent l'action du Vlaams Belang au Heysel en septembre dernier, ou plus récemment, l'invasion du Capitole.

Quelles sont les prochaines étapes pour tes recherches ?

Malgré la situation sanitaire, je viens de partir en séjour scientifique au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF). Ce séjour me permettra de me concentrer sur un des trois cas traités dans ma recherche, à savoir le Rassemblement National. Si les circonstances me l'autorisent, je pourrai également réaliser une première récolte de données prévue dans mon analyse.

Son parcours

Archibald est titulaire d’un master en sciences politiques de l’Université de Liège. Ces derniers mois, il a travaillé en tant qu’assistant du professeur Geoffrey Grandjean, en réalisant une recherche sur la mobilisation du tirage au sort en politique belge ces 20 dernières années.

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