Interview

Sarah Delvaux obtient un financement pour ses recherches sur les impacts de la transition énergétique sur l’emploi


Son projet de thèse s’inscrit dans le cadre du projet de recherche LAMARTRA, financé par le programme de recherche BELSPO Brain-Be 2.0, et dont Pierre Delvenne est l’un des coordinateurs.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre projet de recherche ?

La transition vers une société bas carbone a été amorcée sur le plan politique. Elle se traduit notamment par des objectifs de réductions des émissions de gaz à effets de serre ou encore le déploiement des sources d’énergie renouvelable. Cependant, des incertitudes subsistent quant aux changements sociétaux que ces évolutions technologiques vont engendrer, plus particulièrement sur le marché du travail et de l’emploi.

Ma thèse interroge les développements actuels et futurs de ces deux transitions. Je me penche également sur les stratégies de gouvernances disponibles en Belgique pour assurer la poursuite conjointe des objectifs climatiques vers une société de bas carbone et des mutations du marché du travail et de l’emploi « juste ».

Qu’est-ce qui vous a poussée à vous intéresser à ce sujet ?

Je me suis intéressée à l'interface entre innovation, politiques et aspects sociétaux dès mon master en Science, Technologie et Société. Pour mon mémoire, j’ai analysé un cas de développement technologique expérimental : une communauté locale d’énergie, dans la région de Méry. J’y étudiais les notions d'imaginaire sociotechnique et de citoyenneté énergétique.

J’ai ensuite poursuivi mon parcours professionnel dans le secteur de la recherche en énergie renouvelable au sein de l’Institut Flamand de Recherche Technologique (VITO/Energyville). J’y ai travaillé sur le thème dit « aspects sociétaux » au sein de projets de recherche interdisciplinaires européens Horizon 2020 et de projets régionaux pour le gouvernement flamand.

Le projet de recherche LAMARTRA est une nouvelle opportunité d’approfondir mes recherches sur ce sujet, à l’Université de Liège, en combinant projet de recherche au sein d’une équipe et projet de thèse personnel.

Quelles pourraient être les implications concrètes de vos recherches ?

L’innovation technologique est considérée comme un élément facilitateur dans la poursuite d'une transition vers une société de bas carbone. Ces changements technologiques impliquent une allocation de risques et bénéfices. Ils s’accompagnent aussi de changements culturels et sociopolitiques. Ils s’inscrivent dans des dynamiques sociotechniques systémiques complexes et de gouvernance multi-niveau.

Rendre compte de cette complexité et de l’articulation entre changements technologiques et mutations du marché du travail et de l’emploi est l’un des objectifs de cette thèse. L’ambition est de nourrir les réflexions et de donner des clés de lecture sur la construction de futurs durables et désirables dans ce cadre.

Quelles sont les prochaines étapes pour vos recherches ?

Dans les prochaines semaines, l’enjeu sera d’affiner l’angle de recherche et d’identifier les cas d’études à explorer dans le cadre de la partie empirique de la recherche.

Son parcours

Sarah Delvaux est titulaire d’un double master en sciences politiques à finalité spécialisée en science, technologie et société de l’Université de Liège, et en European Studies, on Society, Science and Technology, de l’Université de Maastricht.

Elle a rejoint le Spiral début avril pour entamer une thèse sous la supervision de Pierre Delvenne et Céline Parotte, après deux années passées à l’Institut Flamand de Recherche Technologique (VITO/Energyville).

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