Interview

Shana Riethof rejoint le Spiral avec un mandat d'aspirante FNRS


Anthropologue de formation, Shana Riethof a rejoint l'UR Cité le 1er octobre dernier avec un mandat d'aspirant FNRS. Ses travaux portent sur l'implication des technologies génétiques et génomiques dans les parcours procréatifs.

Peux-tu nous en dire plus sur ton projet de recherche ?

Les technologies génétiques et génomiques sont de plus en plus présentes dans les parcours d'individus qui souhaitent fonder une famille : dépistage prénatal pendant la grossesse, dépistage et sélection des embryons sains lors d'une fécondation in vitro, tests étendus de dépistage de porteurs de maladies génétiques...

Au départ, ces technologies s'adressaient aux individus susceptibles de transmettre une maladie génétique héréditaire à leurs enfants. Aujourd'hui, elles ne se limitent plus à ce groupe spécifique : elles visent une population de plus en plus large. Plusieurs facteurs y contribuent : le développement des tests génomiques, le remboursement par la sécurité sociale de certains tests...

Je m'intéresse plus spécifiquement au milieu hospitalier. Et, en particulier, à la manière dont les personnes souhaitant procréer et le personnel soignant composent avec l'irruption de ces technologies qui bousculent les protocoles de soin existants.

Comment en es-tu venue à t'intéresser à ce sujet ?

Mon mémoire de master en anthropologie portait déjà sur la relation médecin-patient dans le contexte d'un parcours de fécondation in vitro. Dans ce cadre, j'ai notamment réalisé un stage dans une clinique de fertilité.

Ces technologies génétiques et les incertitudes qu'elles amènent m'intriguent, car elles nous forcent à nous poser des questions en des termes nouveaux. Comment donnons-nous sens aux savoirs génétiques ? Comment ces savoirs agissent-ils sur nos manières de vivre et de nous reproduire ? Mais aussi, comment pose-t-on nos limites en matière de sélection dans la reproduction humaine ? Ce sont des questions complexes ! Cela interroge notamment notre conception du normal et du pathologique, ou encore le brouillage des pistes entre ce qui nous semble naturel et artificiel.

Pourquoi est-ce important de s'intéresser à ce sujet aujourd'hui ?

Les technologies génétiques sont amenées à s'ancrer de plus en plus dans tous les pans de notre société. Nous nous dirigeons de plus en plus vers une médecine des 4P : personnalisée, prédictive, préventive, participative.

Je pense qu'il est essentiel de documenter et d'accompagner ces changements qui nous concernent toutes et tous.

Quelles sont les prochaines étapes pour ta recherche ?

J'en suis encore au tout début puisque j'ai commencé le 1er octobre. Dans un premier temps, je vais me pencher sur le volet éthique et théorique. J'explorerai plusieurs cadres conceptuels. Ces recherches se dérouleront aussi sur le terrain à travers une enquête ethnographique : la prochaine étape est donc de déterminer où j'irai collecter mes données.

Son parcours

Shana est titulaire d'un master en anthropologie de l'ULB. Elle a rejoint le Spiral grâce à un mandat FNRS, où elle travaille sous la direction de François Thoreau.

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